Il était une fois... le triomphe de la Fantasy

Il était une fois... le triomphe de la Fantasy - visuel du documentaire France 5
Documentaire "Il était une fois... le triomphe de la Fantasy" - France 5
Replay disponible jusqu'au 11 janvier 2026

Une plongée dans l'épopée magique de la fantasy, un genre qui ensorcelle le monde depuis plus d'un siècle. Des romans fondateurs de J. R. R. Tolkien à la saga légendaire Harry Potter, du raz-de-marée télévisuel Game of Thrones à La Roue du Temps, sans oublier l'univers vidéoludique incontournable de Zelda, ce documentaire retrace l'ascension d'un imaginaire devenu universel.

Mes impressions après visionnage 🎬

Aux sources d'un imaginaire né de la crise

Ce documentaire agit comme une traversée sensible de la fantasy moderne, en revenant sur ses pionniers et surtout sur le contexte historique, social et intime dans lequel leurs œuvres ont émergé. On y comprend à quel point la fantasy n'est pas née par hasard, mais comme une réponse — parfois douce, parfois rageuse — à des mondes en crise, à des périodes de désenchantement, de guerre ou de désillusion.

De la marge à l'imaginaire collectif

Il retrace avec justesse les hauts et les bas du genre : son émergence en marge, son statut longtemps considéré comme mineur, puis son explosion progressive dans l'imaginaire collectif. Il montre aussi tout ce que la fantasy a irrigué : les arts graphiques, la musique, les jeux de rôle, les jeux vidéo, le cinéma… Autant de médiums qui ont puisé dans ses archétypes, ses mondes, ses promesses d'ailleurs, pour les transformer, les hybrider, les faire évoluer.

Des voix multiples pour raconter la fantasy

Le film s'appuie sur les témoignages d'intervenants majeurs du genre, venus d'horizons complémentaires. Richard Taylor, cofondateur de Weta Workshop, artisan clé des effets spéciaux et des créatures du Seigneur des Anneaux et des films de Peter Jackson, offre un regard unique sur la matérialisation visuelle des mondes fantastiques. L'autrice Robin Hobb, figure incontournable de la fantasy contemporaine, évoque la profondeur émotionnelle et humaine du genre. Les écrivains français Maxime Chattam et Estelle Faye reviennent sur la place singulière de la fantasy dans le paysage littéraire francophone, entre héritage anglo-saxon et réinventions modernes. Le documentaire donne également la parole à Ben (Nota Bene), vidéaste et vulgarisateur en histoire, qui éclaire les racines mythologiques, historiques et culturelles de ces récits.

Les interviews — mêlant auteurs et autrices anglo-saxons et français — apportent une vraie richesse de regards. On sent une diversité de parcours, de sensibilités, de rapports au genre, qui rappelle que la fantasy n'est pas un bloc monolithique, mais une constellation de voix, d'obsessions et de manières de raconter.

Hommage plutôt qu'inventaire

Le documentaire n'a pas la prétention d'être exhaustif, et tant mieux. Il ne cherche pas à tout dire, mais à rendre hommage. À rappeler que ce genre, aujourd'hui omniprésent, a été longtemps marginal, parfois moqué, souvent incompris. Et qu'il est désormais si développé, si visible, qu'il est passé du statut de contre-culture à celui de produit de consommation de masse.

Quand la fantasy se standardise...

C'est sans doute là que naît un léger pincement au cœur : la fantasy est aujourd'hui parfois standardisée, codifiée, formatée selon ce qui "fonctionne" — notamment dans certaines logiques de plateformes ou de marchés (il suffit de regarder les recettes qui se répètent à l'infini). Cette industrialisation peut donner l'impression que l'imaginaire se répète, se rassure, s'auto-clone.

Mais reste un réservoir inépuisable de création

Mais le documentaire — et c'est ce qui le rend profondément réconfortant — rappelle aussi une chose essentielle : la fantasy reste, quoi qu'il arrive, un formidable réservoir de création et d'innovation.

Même lorsqu'elle est récupérée, digérée, normalisée, il y aura toujours, en marge ou en profondeur, des voix pour la détourner, la tordre, la réinventer. Des auteurs et autrices pour y glisser autre chose : une inquiétude contemporaine, une colère sourde, une poésie inattendue, un humour décalé, une question existentielle.

Et c'est sans doute là que réside sa plus grande force. La fantasy ne meurt jamais vraiment, parce qu'elle naît du besoin humain fondamental de raconter autrement le réel, de lui opposer des mondes symboliques, des mythes neufs, des récits qui parlent de nous sans nous enfermer.

En conclusion

En sortant de ce documentaire, on ressent à la fois une nostalgie douce, une admiration pour le chemin parcouru, et une conviction intacte : tant qu'il y aura des gens pour imaginer, la fantasy restera un territoire vivant — indocile, mouvant, et profondément humain.
Et pour ma part, ça m'a rappelé, avec nostalgie, la toute première trilogie de fantasy (Ewin) que j'avais commencée à écrire à l'aube de mes 20 ans. Je reviendrais probablement dessus et sur les briques que cette étape m'a apportées dans la construction de mon écriture dans un autre article 😉

📺 Voir le documentaire complet

Le documentaire "Il était une fois... le triomphe de la Fantasy" est disponible en replay sur France.tv jusqu'au 11 janvier 2026.

📺 Voir le documentaire sur France.tv →

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